Je n’accepterai pas que ce débat se transforme en procès personnel contre Nicolas Sarkozy et François Fillon

Publié le par Fédération UMP du Pas de Calais

Interview dans Corse-Matin le 17 août 2012. Découvrez l'interview complète sur le site de Corse Matin.

De nombreuses voix se sont élevées cet été à l’UMP pour réclamer un droit d’inventaire des années Sarkozy, il ne manque plus que votre feu vert…
Je trouve étrange qu’un ancien premier ministre et des ministres qui n’ont rien dit pendant cinq ans critiquent tous les jours ce qu’ils ont fait. Le mot de « réformettes » utilisé par l’un d’eux est d’ailleurs hallucinant.

Êtes-vous frileux quant à ce droit d’inventaire?
Au contraire! Je considère qu’aujourd’hui les conditions sont réunies pour faire un travail sérieux et objectif: l’UMP ayant désormais une équipe dirigeante définitivement confortée par le vote massif des militants au mois de juin dernier, elle est en ordre de marche pour un dialogue sincère et sans langue de bois avec les Français.

Quelle forme doit prendre ce débat?
Je propose que ce débat ait lieu à l’UMP avec tous ceux qui le souhaitent et qu’il soit conclu au plus tard mi-octobre, afin de ne pas empiéter sur la campagne des municipales. Pour que ce débat se déroule dans la sérénité, deux règles devront être respectées. Premièrement, je n’accepterai pas qu’il se transforme en procès personnel contre Nicolas Sarkozy et François Fillon qui ont ensemble gouverné la France pendant cinq ans. Deuxièmement, même si ce débat tire les enseignements du passé, il faut qu’il serve exclusivement l’avenir. C’est un point de départ incontournable pour retrouver la confiance des Français d’ici 2017. Une longue marche commence…

Les Français doivent s’attendre à une autocritique de l’UMP?
Nous devons pointer du doigt ce que nous n’avons pas osé faire et en tirer les conséquences. Mais nous dirons aussi aux Français : voilà ce que nous avions fait, les socialistes l’ont défait, regardez le résultat.

Sur le plan national, la grande souscription lancée par l’UMP pour rembourser la dette de campagne de Nicolas Sarkozy semble être un succès, les 11 millions d’euros ont-ils été récoltés?
On a dépassé les 10 millions d’euros et je suis très ému de voir que tant de Français ont répondu à l’appel que je leur ai adressé. J’avais dit aux Français: « la voix de l’UMP ne s’éteindra pas ». Leur réponse m’a beaucoup touché. Il reste qu’il faut continuer à souscrire, nous avons jusqu’au 30 septembre pour recueillir la somme nécessaire. La bonne nouvelle c’est que nous avons aussi recensé 45000 adhésions supplémentaires à l’UMP dans le cadre de cette démarche.

Ces dons sont en partie déductibles des impôts, indirectement c’est donc le contribuable qui finance la souscription, cela vous semble légitime?
C’est l’honneur de notre démocratie que de participer au financement des partis politiques.

Vous-même avez-vous participé à la souscription?
Évidemment, à hauteur de 7500 euros, soit le maximum autorisé.

7500 euros c’est aussi ce qu’a donné Nicolas Sarkozy, le principal concerné aurait-il dû donner plus?
Je le répète, 7500 euros c’est le maximum légal, quel que soit le donateur.

L’ancien président a récemment refait parler de lui et les sympathisants UMP semblent réclamer son retour sur la scène politique en 2017…
Comme je l’ai déjà dit, je serai à ses côtés. Mais ne penser qu’à 2017 sans remporter les municipales en 2014, c’est oublier que les Français veulent d’abord mesurer notre sincérité et la force de notre engagement sur le terrain.

La polémique entre Manuel Valls et Christiane Taubira relance le débat sur la politique pénale, quelle est votre position sur ce sujet?
Voir les deux ministres en charge de la sécurité des Français se déchirer sur la place publique, c’est un spectacle lamentable. Mais c’est la conséquence logique du flou entretenu depuis un an. Ils se déchirent parce que François Hollande ne veut pas répondre à la question centrale : quelle politique pénale pour faire baisser la violence en France?

Quelle est votre réponse sur ce sujet?
La seule politique possible, c’est un programme de construction de places de prison, il en faut au minimum 20000 de plus. Ensuite il faut supprimer les réductions de peine automatiques, les sanctions prononcées doivent être appliquées. Il faut aussi exiger que les parents assistent à l’audience lorsque leurs enfants mineurs sont poursuivis et ils doivent encourir eux-mêmes une responsabilité. Trois idées à l’opposé de ce que fait le gouvernement actuel.

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Propos recueillis par Nadia Amar et Maxime Blanchard
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