Rentrée scolaire : Martine Aubry douterait-elle des promesses de Vincent Peillon ?

Publié le par ump62

 

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Martine Aubry a profité de sa visite dans une école de Lille pour faire, une fois encore, entendre une voix discordante au sein de la majorité socialiste.

Interrogée sur les conditions dans lesquelles la rentrée se déroule aujourd'hui, la Première secrétaire du PS s'est d'abord félicitée du recrutement, durant l'été, de mille professeurs des écoles. Dans la mesure où ces recrutements supplémentaires constituent la seule mesure concrète du gouvernement, Martine Aubry ne pouvait se dispenser de reprendre les arguments sans cesse répétés par le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l'Education nationale afin de convaincre les Français que l'appoint de ces mille enseignants allait radicalement changer la situation des 6,7 millions d'élèves et des 370 000 enseignants du primaire.

Excepté ce louable effort de solidarité avec le gouvernement, Mme Aubry semble entièrement oublier les annonces faites par Vincent Peillon au cours des dernières semaines. Ainsi, en souhaitant que les enseignants et les directeurs d'école disposent d'une plus grande liberté pour adapter les rythmes scolaires, la maire de Lille condamne par avance à l'inutilité la réflexion lancée à ce sujet par Vincent Peillon. Celui-ci a en effet laissé entendre que la réforme des rythmes scolaires devrait être d'abord réglée au niveau national par la future loi d'orientation. Mme Aubry considère-t-elle déjà comme nulles et non avenues les conclusions des comités d'experts qui se réunissent depuis le mois de juillet ? Ou s'est-elle ralliée aux positions défendues par l'UMP, qui réclame avant tout plus d'autonomie et de responsabilité pour les directeurs d'établissements ?

Il en va de même de la réforme des programmes. En prônant « l'accès au sport, à la culture, et les moyens de développer une autre intelligence » pour les élèves de tous niveaux, la Première secrétaire du PS omet de mentionner la grande innovation annoncée par Vincent Peillon : le remplacement des différents cours d'instruction civique et morale par un unique enseignement de « morale républicaine ». Mme Aubry jugerait-elle décevante cette annonce ? Ou aurait-elle simplement observé qu'un enseignement, renouvelé et renforcé, de la morale avait été mis en place depuis 2008 ?

On ne peut croire que Martine Aubry persiste à ignorer le contenu exact des projets de réforme annoncés par Vincent Peillon. Il semblerait donc qu'elle doute de leur pertinence ou de la capacité du ministre de l'Education nationale à les réaliser.

Michèle Tabarot
Déléguée générale à la formation
Députée des Alpes-Maritimes

 

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