Réindustrialiser la France pour sortir de la crise

Publié le par ump62

 

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En 1997, notre excédent commercial était supérieur à 18 milliards €. En 2010, notre déficit commercial a dépassé les 50 milliards d’euros. L’explication de ce décrochage est simple : tandis que la compétition internationale s’accentuait à la fin des années 1990, la France a été le seul pays au monde à faire, sous Lionel Jospin, le choix de travailler moins avec les 35 heures. Cela a désorganisé les entreprises et renchérit le coût du travail de manière parfois insurmontable. Ce choc a été brutal, notamment pour les PME qui n’étaient pas du tout armées pour faire face à un tel bouleversement et la France s’est désindustrialisée à un rythme inédit. A l’inverse, tandis que Lionel Jospin dilapidait les fruits de la croissance, le socialiste Gerhard Schröder réformait l’Allemagne pour qu’elle gagne en compétitivité. Résultat, pendant que la France se désindustrialisait, l’Allemagne se réindustrialisait avec une industrie qui pèse pour plus de 20% du PIB et un excédent commercial de 154 milliards d’euros.

Aujourd’hui, le sujet de la désindustrialisation semble être revenu à la mode : François Bayrou, Marine Le Pen, François Hollande ne parlent plus que du « made in France ». Nous ne les avons pas attendus pour nous pencher sur ce problème et trouver des solutions car nous ne voulons pas d’une France sans usine. La réindustrialisation de notre pays a été l’une des grandes priorités du quinquennat de Nicolas Sarkozy : la suppression de la taxe professionnelle, la mise en place des heures supplémentaires, les 35 milliards d’investissements d’avenir, la création du statut de l’auto-entrepreneur, le renforcement du Crédit Impôt recherche sont autant de mesures qui visent à redonner de la compétitivité aux entreprises, à soutenir l’innovation et la recherche pour faire de la France une terre d’emplois. Ces mesures ont freiné efficacement l’érosion de l’industrie française. Mais la crise d’une violence sans précédent que nous traversons nous oblige à accélérer encore nos efforts en faveur de la relocalisation d’emplois en France.

Pour cela, nous ne pourrons pas nous contenter des slogans politiciens des uns ou des autres, il faut une stratégie concrète, crédible et efficace que l’on ne trouve ni au PS, ni au FN, ni au Modem. D’un côté, nous avons les lubies protectionnistes du PS qui veut « démondialiser » le monde ou du FN qui veut sortir de l’Europe, ce qui priverait l’industrie française de débouchés commerciaux. Sans oublier que le PS veut démanteler progressivement notre filière nucléaire avec ses 400 000 emplois et son électricité à bas coût qui rend notre territoire attractif pour l’implantation d’usines. De l’autre côté, nous avons François Bayrou qui demande « d’acheter Français ». Il a bien sûr raison. Mais la question n’est pas tant d’acheter français que de produire en France ! Bien sûr il faut faire preuve de patriotisme économique et acheter français mais encore faut-il que nous puissions produire en France, car à la clé, il y a des emplois pour les Français !

Pour produire plus en France, il ne s’agit donc pas de démondialiser, mais de travailler plus et mieux en dépassant le carcan rigide des 35 heures, de baisser le coût du travail, en transférant une part des cotisations sociales sur une fiscalité anti-délocalisation, de tout mettre en œuvre pour aider les PME qui préparent nos futurs géants industriels, de développer nos filières d’excellence –numérique, nucléaire, agroalimentaire, santé- pour faire du « made in France » une marque aussi reconnue que le « made in Germany » et d’instaurer des relations commerciales équitables basées sur le principe de réciprocité pour corriger la concurrence déloyale. C’est en faisant cet effort de long terme que la France se réindustrialisera.

 

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