Lettre ouverte d’un militant de longue date à son plus haut responsable au sein de l’UMP

Publié le par ump62

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Lettre ouverte

Ce samedi 01 décembre 2012

 

Lettre ouverte d’un militant de longue date à son plus haut responsable au sein de l’UMP

Monsieur le Secrétaire général/ Président,

Je m’autorise, au vu du spectacle désolant que nous subissons et des conséquences nuisibles et durables qu’il provoque, cette lettre ouverte. Je le fais au nom de mon engagement sans faille pour les valeurs qui sont les nôtres, je le fais au nom de mon histoire d’élu national qui s’angoisse de notre désertion dans l’hémicycle au moment même où les fondamentaux de notre société sont en cause, je le fais au nom des sans voix et des sans grade qui me font part de leur tristesse et de leur stupéfaction devant ce chantier permanent d’autodestruction des valeurs fondatrices de notre parti au nom du pouvoir capté, voire confisqué, par quelques uns.

Notre parti avait décidé par une intention vertueuse et novatrice d’initier un processus de démocratie interne plus transparent que celui du parti socialiste en vue de choisir par la vox populi militante un outil opérationnel de proposition, de contestation et de reconquête.

Nous avions sous les yeux un contre exemple avec l’histoire officielle et réelle du parti socialiste. Nous savions après Rennes et Reims, les difficultés d’un parcours initiatique ; nous avions vu la fin de parcours vécu par le P.S, sans désir et sans plaisir dans une antichambre du pouvoir élyséen pour distribuer quelques postes et confisquer la parole militante.

Nous n’étions pas dupes :nous n’avions pas succombé à l’illusion d’une nouvelle société socialiste où justice, transparence, écoute de l’autre… seraient au fronton des édifices publics pour aller à marche forcée vers le « meilleur des mondes », selon leurs dires, nous avions commencé comme militants et citoyens l’inventaire des conséquences d’une présidence incertaine, d’un gouvernement autiste à la proposition ou à la critique, d’élus et militants n’acceptant aucune responsabilité de leurs décisions idéologiques quand ce mois le chômage nous dit 44.500exclus de plus.

L’UMP, après avoir exprimé pour certains un regard mêlé de dédain et d’ironie, avait opté pour une démarche similaire en apparence parce que, le pouvoir aiguisant les appétits des uns de l’inventivité des autres, l’outil militant de la rue de Vaugirard glissait insidieusement d’abord, explicitement ensuite, d’un outil au service de tous à un outil au service d’un seul et de ses obligés en quête de strapontins.

Ainsi, au fil des jours, les militants assistaient sur leurs écrans ou par courrier à une discrimination systématique ; aux messages nécessaires et légitimes pour dénoncer les comportements et décisions socialistes se substituaient des messages de légitimisation d’une candidature et d’une seule ; le QG du parti, en principe ouvert à tous, devenait un bunker de campagne, moyens humains soumis ou démis, moyens matériels compris.

Ce qui devait être la fête de la démocratie et la réalité vivante de notre arbre symbolique sombrait dès le dimanche soir dans un vaudeville laissant les militants et spectateurs hilares, incrédules, fatalistes, écœurés selon leur sensibilité.

Tous les sages, ancien président en tête, sont impuissants devant l’aveuglement de la suffisance des uns, l’effondrement et l’impuissance des autres, peu habitués à ces comportements au parfum d’exclusivité identitaire.

Les résultats, écrits, réécrits, compactés, amputés ou améliorés restent incertains à la fois dans leur genèse, leur interprétation, leur contenu et, du point de vue de l’honnêteté intellectuelle, non attribuables à l’un ou à l’autre des compétiteurs.

Alors, les prétentions de la victoire ne sont pas acceptables sur le plan juridique, ni sur le respect des sensibilités et je le dis simplement : trop, c’est trop.

C’est trop pour les militants excédés par les manipulations, les petites phrases et les gesticulations, la valse des égo et la férocité des appétits partisans : ils veulent un retour immédiat à la vérité de l’engagement politique.

C’est trop pour les sympathisants ensuite, incrédules devant ces comportements stupides, parfois haineux au « sens familial », inquiets de voir le parti manquer à sa mission première de contre-pouvoir, inquiets de ne plus voir la priorité de la raison face aux intérêts particuliers.

C’est trop pour les citoyens, toutes sensibilités confondues, qui constatent la perte d’équilibre du principe de démocratie dans la capacité d’alternance républicaine. Le risque d’émergence des partis de contestation populiste et permanente guette au quotidien.

Monsieur le Secrétaire général/Président,

Le temps du pouvoir socialiste est un temps d’inquiétudes, voire de désespérance tant sur le plan de l’emploi et de l’économie, sur le plan des politiques d’avenir et de solidarités, sur le plan des valeurs sociétales et anthropologiques.

Il n’est pas acceptable que le temps de l’UMP soit confisqué à ce point pour devenir un temps de silence des valeurs et un bruit assourdissant des intérêts de pouvoir.

Il n’est pas acceptable que le spectacle dérisoire tourne à la dérision du parti dans la presse et les réseaux sociaux, parti qui a tant donné et qui a tant à proposer face aux enjeux stratégiques de demain.

A ce moment de notre histoire, vous n’êtes plus pour le parti, une valeur ajoutée non comme homme mais dans votre fonction. Je vous demande, nous vous demandons, d’urgence, de prendre les dispositions qui s’imposent pour ramener la sérénité dans nos relations internes, pour respecter les sensibilités dans le fonctionnement du siège, pour refonder par des paroles et des actes notre crédibilité, capacité et volonté à incarner et assumer l’alternance.

J’attends de vous, car à ce jour, vous en êtes comptable, des paroles et des actes pour que ce champ de ruines devienne un possible chant d’espérance.

 

André FLAJOLET

Ancien Député

Conseiller régional

Maire de Saint-Venant

 

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