Les territoires ruraux ne doivent pas être sacrifiés

Publié le par ump62

Pour la Droite rurale, la ruralité est l’âme de la France. Elle doit bénéficier du même niveau de services que la ville

Vivre en milieu rural ? Les Français en très grande majorité y aspirent. Chaque année des milliers d’entre eux concrétisent ce « grand désir de campagne ». Ces nouvelles arrivées dans des territoires jugées plus solidaires, à tailles plus humaines, ne sont pas sans conséquences.

En accueillant des « citadins », le monde rural est en pleine recomposition. Il se transforme sociologiquement et doit élever son niveau de services dans les domaines aussi divers que l’environnement, la propreté, les transports, la sécurité, l’emploi, le développement économique, l’accès aux crèches, aux écoles… Et c’est là la chance du monde rural qui se trouve à un tournant majeur. Il doit répondre aux attentes des ses habitants, être plus attractif. Et se projeter impérieusement dans l’avenir.

C’était tout l’enjeu d’un colloque national
que la Droite rurale, -collectif d’une cinquantaine de parlementaires UMP présidé par Pierre Morel-A-l'Huissier, député de la Lozère-, a organisé mercredi 13 avril à l’Assemblée nationale sous le Haut-Patronage de Bruno Le Maire et de Christian Jacob.

Pour permettre à la ruralité de franchir ce tournant considéré comme majeur, il est nécessaire d’abattre un certain nombre d’obstacles. Comme lutter « contre cette omerta qui fait comprendre que la souffrance n’est qu’en Seine-Saint-Denis » remarque Daniel Spagnou, député des Alpes-de-Haute-Provence.

« On passe son temps à éteindre les feux de la congestion urbaine. Il faut investir dans les territoires ruraux », poursuit en écho André Marcon, président de l’assemblée des Chambres de commerce et d’industrie, qui note que « 70% des personnes qui viennent reprendre nos commerces et artisanats en ruralité proviennent de la ville ».

Et pour lui « ce ne sont pas les aides qui vont conditionner l’arrivée des entreprises mais les conditions d’accueil ». Cela passe par le désenclavement (autoroutes, routes, haut et très haut débit, maintien des lignes ferroviaires…), la notion de services publics, l’accès aux soins, la mobilité sous toutes ses formes.

« La ruralité moderne ne passe pas par la présence d’un bureau de poste. Par contre la perte du médecin est catastrophique ! C’est facteur d’angoisse pour la population et un frein au développement économique car comment voulez-vous attirer des entreprises, donc des familles s’il n’y a pas d’accès aux soins », interroge René Beaumont, sénateur et ancien président du conseil général de Saône-et-Loire, pour qui il est « impérieux d’apporter les mêmes services à la ville comme à la campagne ».

Les solutions pour lui en matière d’accès aux soins : la présence dans chaque département de moyens modernes de transport comme un hélicoptère. « Sans cela il n’y a pas d’égalité de chances », poursuit-il en insistant également sur la création de maisons médicales. « Elles sont attractives car elles permettent aux médecins de ne plus être seuls ».

Plutôt qu’une incitation financière pour tout médecin s’installant en rural, René Beaumont plaide pour un maintien à l’acte mais avec un tarif rural gradué entre les zones désertiques et celles moins désertiques ; pour un stage systématique des étudiants en médecine en médecine générale et en secteur rural ; pour le développement de la télémédecine…
 
Une approche pragmatique et dynamique qui correspond aux attentes de Christian Jacob, trouvant pour sa part « inacceptable de voir des enfants et des adultes attendre 6 mois pour voir un spécialiste. Il ne doit pas y avoir de territoires abandonnés de la République. S’ils sont plus discrets, les territoires ruraux ne doivent pas être sacrifiés», remarque le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale qui insiste sur l’égalité de tous, que cela soit tant pour l’accès aux soins que pour celui aux services publics qui doivent être mutualisés, regroupés. « Oui, les services publics doivent être démystifiés. Il faut se concentrer plus sur le mot service que sur le mot public », note Daniel Spagnou.

Président des Chambres de métiers, Alain Griset plaide pour sa part pour la création d’un établissement autonome complètement consacré et dédié à la ruralité. Précisant que l’artisanat est le premier employeur en ruralité - avec la présence notamment de 300 000 artisans dans les communes de moins 2 000 habitants - il remarque qu’ « aucun dispositif en faveur des territoires ruraux ne prend en compte cette spécificité ». Et pointe le décrochage de jeunes par le seul et simple fait que les centres de formations sont trop éloignés de leurs lieux de vie.

Face à ces attentes, le Gouvernement qui considère que la ruralité est l’avenir de la France a déjà apporté des réponses concrètes depuis 2007 : mesures financières incitatives envers les étudiants de médecine s’engageant à travailler en monde rural, ce pour développer l’accès aux soins ; accès au très haut débit pour tous en 2025 ; mutualisation des services publics, développement des services en ligne ; développement de l’attractivité économique des territoires via les pôles d’excellence rurale…

Ce colloque fait partie de la démarche globale de l'UMP dans la réflexion et l'élaboration du programme 2012. Une convention nationale sera prochainement organisée sur ce thème de la ruralité et des propositions seront remises au président de la République.

« Nous avons à l’UMP une approche dynamique, pragmatique, ouverte. C’est tout l’inverse du projet du PS avec son bouclier rural », remarquent Christian Jacob et Pierre Morel-A-l'Huissier. « Le PS est là enfermé dans des positions bureaucratiques, archaïques, contraignantes pour les acteurs publics, extrêmement coûteuses. Sans oublier toutes les mesures qu’il imagine ou qu’il préconise mais qui existent déjà de par l’action de notre majorité ».

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