La faillite politique et morale du gouvernement impose un remaniement

Publié le par ump62

 

Depuis le Maroc, ce jeudi 4 avril, François Hollande a balayé d'un revers de main l'hypothèse d'un remaniement en affirmant que le scandale Cahuzac était le signe de la faillite d'un seul homme et non de l'ensemble de son gouvernement. Cette façon qu'a François Hollande de s'exonérer de toute responsabilité, de tenter de passer entre les gouttes, de traiter légèrement d'une affaire aussi grave, n'est pas à la hauteur de la fonction de Président de la République.

 

Oui, ce gouvernement doit être remanié. D'abord, parce que, depuis plus de 10 mois, il accumule les échecs pour notre pays au point de se couper des Français. Le chômage explose dans des proportions inédites : chaque jour, il y a plus de 1000 chômeurs en plus dans notre pays. Le pouvoir d'achat s'effondre : pour la première fois depuis 1984, il a reculé à cause du matraquage fiscal de plus de 30 milliards d'euros imposé par le gouvernement (-0,8% au 4ème trimestre 2012). L'insécurité est repartie à la hausse pour la première fois depuis 10 ans. L'accumulation de ces résultats désastreux a rompu la confiance entre les Français et la majorité. Cette rupture totale de confiance suffirait à elle seule à justifier un changement de gouvernement et un changement de cap politique, ce que j'ai demandé en défendant une motion de censure, au nom des députés UMP.

 

Oui ce gouvernement doit être remanié car à cette faillite politique s'ajoute une terrible faillite morale et humaine qui mine la crédibilité de la parole des ministres. Personne ne peut plus faire confiance à un gouvernement dont l'un des piliers a, quatre mois durant, menti aux Français et à la représentation nationale. En outre comment croire que l'affaire Cahuzac ne concerne qu'un seul homme ? L'accumulation de questions sans réponses fait douter de la version angélique d'un François Hollande trompé et de ministres crédules. Nous sommes en droit de demander si Jérôme Cahuzac n'a pas été « couvert ».

 

Pourquoi Pierre Moscovici a-t-il restreint, alors que rien ne l'y obligeait, le champ (nom de la banque, période, pays…) de l'enquête fiscale sur le compte de Jérôme Cahuzac ? Manuel Valls peut-il affirmer, que ni lui, ni ses proches collaborateurs, n'étaient régulièrement tenus informés des évolutions de l'enquête par la direction générale de la police nationale sur l'affaire Cahuzac ? Christiane Taubira pouvait-elle ignorer l'avancée de l'enquête judiciaire ouverte par le parquet de Paris le 8 janvier sur Jérôme Cahuzac ? Pourquoi François Hollande explique-t-il le 28 mars qu'il a « confiance en la parole de Jérôme Cahuzac » et le 2 avril qu'il est « stupéfait » de ses aveux alors que Manuel Valls a certifié que le Président a exigé la démission de Jérôme Cahuzac quand il a appris le 18 mars que la bande son qui l'accusait avait été authentifiée ?

 

Autant de zones d'ombres, d'incohérences, d'ambiguïtés qui témoignent a minima d'une défaillance complète dans toute la chaîne de commandement de l'exécutif et au pire d'une complaisance coupable envers Jérôme Cahuzac.

 

Les conditions de la confiance dans ce gouvernement ne sont plus réunies. Dans ce contexte, François Hollande ne peut pas s'en tirer pour solde de tout compte en arguant de sa naïveté et en promettant des réformes qui n'auraient en aucun cas permis d'éviter l'affaire Cahuzac. Une seule décision s'impose pour rétablir la confiance : un remaniement immédiat et profond.

 

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