Jean-François Copé : Le succès de « l’agenda 2010 » allemand discrédite « l’agenda du redressement »

Publié le par ump62

 

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Il y a 10 ans, le 14 mars 2003, le chancelier allemand socialiste Gerhard Schröder lançait son « Agenda 2010 », un vaste programme de réformes structurelles qui devait sortir l’Allemagne de la crise. A l’époque, l’Allemagne était « l’homme malade de l’Europe » avec une économie en panne et un taux de chômage qui allait jusqu’à atteindre 11,7%, frappant 4,8 millions de personnes, en 2005. Aujourd’hui, l’économie allemande est redevenue florissante : le taux de chômage est descendu à 5,3%, les comptes publics sont quasiment à l’équilibre (0,2% de déficit), l’excédent commercial est record (188 milliards €) les revenus réels de tous les Allemands ont augmenté tandis que les inégalités se sont réduites ces dernières années.

 

Ce succès est le résultat de 10 années de réformes, entamées par Gerhard Schröder et poursuivies par Angela Merkel. L’Allemagne a flexibilisé son marché du travail de manière à faciliter les embauches et encourager le retour à l’emploi. Elle a baissé simultanément l’impôt sur le revenu des ménages et l’impôt sur les sociétés pour redynamiser l’économie. Elle a enfin mené une réforme drastique du régime des retraites (avec une hausse progressive de l’âge légal de départ à 67 ans en 2029) et de l’assurance maladie, visant notamment à ce que le financement de la protection sociale ne repose plus essentiellement sur le travail. Autant de réformes que nous avions commencé à mettre en œuvre avec Nicolas Sarkozy ou que nous avions proposées durant la campagne présidentielle.

 

Or, à bien des égards, la France de 2013, dirigée par François Hollande, -avec ses plus de 3 millions de demandeurs d’emplois, son incapacité à maîtriser ses comptes publics, son déficit commercial (67 milliards en 2012) qui révèle une économie en perte de compétitivité- ressemble à l’Allemagne de 2003.

 

Bien sûr, nos pays sont différents et cela n’aurait pas de sens de calquer le modèle allemand. Pour autant, l’Agenda 2010 doit être une source d’espérance et d’inspiration pour la France. D’espérance, car l’Allemagne, grâce à cette stratégie, a quitté l’ère du chômage de masse en moins de 10 ans. Il n’y a aucune raison que nous ne puissions suivre le même chemin. D’inspiration, car il est évident qu’en France comme en Allemagne, la sortie de crise passe par une priorité absolue donnée au travail et à la production. Baisse des prélèvements pesant sur le travail et l’investissement, hausse du temps de travail, assouplissement du marché du travail, de manière à mieux protéger les personnes tout en donnant plus de flexibilité, voilà les grands chantiers que nous devons mener !  

 

Malheureusement, la gauche française revient sur toutes les réformes que nous avions faites et met en œuvre une politique anti-compétitive : rigidification du marché du travail, hausse des cotisations pesant sur les salaires, retour partiel à la retraite à 60 ans et aux 35 heures strictes. « L’agenda du redressement » du gouvernement est à l’opposé de « l’agenda 2010 » ! Cela explique le décrochage de la France et le fossé grandissant entre l’Allemagne et notre pays, qui paralyse dangereusement la zone euro. Pour l’intérêt de la France, François Hollande devrait faire preuve du même courage réformateur que Gerhard Schröder.

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