Conférence de presse et semaine de rentrée de Vincent Peillon : état des lieux de cette... « rentrée du changement »

Publié le par ump62

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Avec sa conférence de presse et ses déclarations de rentrée, Monsieur Peillon a entamé son marathon médiatique à défaut de lancer celui des réformes. Le ministre de l’Éducation nationale a décliné à l'excès la thématique du changement pour mieux masquer le conservatisme de ses "solutions". En effet, il ne sait qu’insulter ses prédécesseurs, dépenser l’argent qu'il n'a pas, et finalement, conserver un système éducatif qui, en l'état, court à sa perte.

1. Sur la forme, le ton est donné : l'anti-sarkozysme et la démagogie, pour faire plaisir à une clientèle électorale

« Il en est fini du temps où l’on ne renouvelait pas un fonctionnaire sur deux. L’intégralité des postes seront mis au concours. (...) Le temps où on peut s’attaquer aux enseignants, mépriser la transmission du savoir – l’enseignement de la Princesse de Clèves ; faire entendre que pour enseigner le sens de la vie, le pasteur ou le curé aurait plus de valeur que le professeur. Ce temps là est fini ».

Voilà : tout ce que Monsieur Peillon sait faire lors d’une rencontre dans l’Académie de Créteil, c'est de l’anti-sarkozysme puéril et improductif, illustrant parfaitement le drame du politiquement correct et de la démagogie, dans le simple but de séduire une clientèle électorale. Que ce Gouvernement s’oppose à la politique du précédent, on le savait déjà (peut-être faudrait-il d'ailleurs informer ces messieurs que Nicolas Sarkozy n'est plus Président de la République, mais cela risque de les déboussoler). Mais que proposent-il en échange? C'est simple : dépenser plus sans rien toucher au système, voire revenir en arrière.

2. Sur le fond, le seul changement entrepris par M. Peillon est le retour en arrière : plus de professeurs, pour des résultats insignifiants, pendant que l'Ecole court à sa perte. De qui se moque-t-on ?

Les seules propositions de Monsieur Peillon depuis 5 mois ont un dénominateur commun : elles ont toutes en commun d'augmenter les dépenses sur le dos du contribuable, pour des résultats insignifiants.

Pour cette rentrée, il a prévu 1000 postes nouveaux... : en pratique, cela fera 1 professeur pour un peu plus de 6700 élèves environ !!! Le Gouvernement a aussi promis 250 postes dans l’éducation prioritaire, soit 1 professeur pour 1120 élèves !! Au mieux, c’est une goutte d’eau qui satisfait les syndicats, au pire, c’est l’argent des contribuables dépensé en vain, par manque de courage. En tout cas, il s'agit toujours d'entretenir et de renforcer un système qui ne fonctionne pas. Et ce sont les élèves qui paient.

Quant aux autres mesures abordées par Vincent Peillon, il ne s'agit que de poudre aux yeux destinée à attendre le résultat de la "concertation sur la refondation de l'Ecole" : tout le monde connaît les réformes à faire (HCE, OCDE, Cour des Comptes,... les rapports ne manquent pas pour dire qu'il faut mieux utiliser les moyens, donner plus d'autonomie aux établissements, mieux rémunérer les enseignants en échange d'un plus grand temps de présence, et renforcer l'apprentissage des fondamentaux).

3. Appel au sursaut : M. Peillon, au nom des élèves et de leurs parents qui veulent croire en l'Ecole de la République, faites les vraies réformes, quitte à déplaire à certains lobbys !

Monsieur Peillon, vous qui aimez tant le changement, ouvrez les yeux, s'il est encore temps... Le changement n'est pas dans l'augmentation des moyens, mais dans la réforme de leur utilisation. Certes, cela signifie qu'il faut avoir le courage de déplaire, de quitter la langue de bois et de casser les conservatismes.

Ainsi, vous qui aimez concerter et disserter sur le changement, osez parler d'autonomie des établissements comme nous l'avons fait pour l'université ! Osez aborder le rôle des chefs d'établissements aujourd'hui quasi-impuissants ! Osez parler d'augmentation du temps de présence des professeurs dans les établissements ! Osez parler des savoirs fondamentaux comme la lecture et l'écriture ! Osez parler d'innovation ! Osez parler de l'apprentissage du vivre-ensemble et de l'autorité !

Malheureusement, vous préférez le bruit des beaux discours et des vaines paroles. Il n'en restera, la rentrée passée, aucune proposition marquée du sceau du courage et de l'audace.

Camille Bedin
Secrétaire nationale de l'UMP à l'égalité des chances

 

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