Daniel Fasquelle : François Hollande et Emmanuel Macron signent l’arrêt de mort d'Alstom

Publié le par Fédération UMP du Pas de Calais

Le nouveau Ministre de l’Economie, qui était en charge du dossier à l’Elysée, vient de valider la vente des activités Energie d’Alstom à General Electric. Comble de l’ironie, cette abdication s’effectue dans le cadre du récent décret validé par la Commission Européenne permettant de s’opposer à cette vente car opérant dans un secteur stratégique.

Malgré l’appel en juin dernier de 50 députés UMP, UDI, PS, RRDP et de l’ensemble des syndicats d’Alstom, aucune solution associant des industriels français comme Thalès, DCNS ou Safran dont l’Etat est pourtant actionnaire n’a été recherchée. Aujourd’hui, au moment même où la contribution de l’industrie française à la richesse nationale ne cesse de s'effondrer, force est de constater que les expériences passées de Pechiney, d’Arcelor, d’Alcatel ou de Rhône Poulenc n’ont pas servi d’exemples.

Avec l’appui des communicants de General Electric - dont Stéphane Fouks très proche du Premier ministre - Emmanuel Macron présente cette vente sous la forme d’une « alliance ». Mais de quelle alliance parlons-nous alors même que les salariés d’Alstom n’ont obtenu aucun engagement de la part de General Electric concernant le maintien de l’emploi sur les sites français et encore moins sur la fameuse création de 1000 emplois ?

De quelle alliance parlons-nous lorsque 80 % d’Alstom Energie sont absorbés et qu’un mécanisme prévoit la vente des 20 % restants dans un second temps en 2018 ?

De quelle alliance s’agit-il dès lors que les participations financières d’Alstom dans les trois soit disantes co-entreprises sont minoritaires et que la direction opérationnelle est pleinement américaine ?

Comment Emmanuel Macron peut-il affirmer que la sécurité d’approvisionnement énergétique de la France est assurée alors que contrairement à ce qui fut annoncé, Alstom ne conservera que 20 % et non 50 % de son activité nucléaire ?

Enfin, au moment même où la Chine annonce la fusion des deux industriels ferroviaires chinois, chacun d’eux pesant deux fois plus que son concurrent français, comment peut-on croire que Alstom réduit au seul secteur ferroviaire puisse se développer et continuer à gagner des grands contrats à l’international ? Si l’Airbus du rail semble malheureusement derrière nous, il est inquiétant de noter que la direction d’Alstom Transport privilégie l’option russe au travers d’un rapprochement avec l’industriel ferroviaire Transmasholding et que l’entrée de l’Etat au capital d’Alstom Transport à hauteur de 20 % n’est plus du tout garantie.

En définitive, avec la bénédiction et la compromission de François Hollande et de Manuel Valls, c’est bien l’arrêt de mort d’Alstom qu’Emmanuel Macron vient de signer.

Daniel Fasquelle
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