Daniel FASQUELLE : Oui à une grande région Nord - Pas-de-Calais - Picardie !

Publié le par Fédération UMP du Pas de Calais

A l’occasion du débat à l’Assemblée Nationale sur la carte des régions, Daniel FASQUELLE s'est opposé fortement à Martine Aubry en dénonçant un calcul politicien et une posture égoïste là où, au contraire, il faut militer en faveur d’une grande région Nord-Pas-de-Calais – Picardie cohérente du point de vue historique, géographique, économique et social.

 
Ci-dessous, le discours prononcé par Daniel FASQUELLE lors de la discussion générale :
 
Monsieur le Président,

 

Monsieur le Ministre, Mes chers Collègues,         

 

Elu du Pas-de-Calais, j’ai été parmi les premiers à souhaiter une fusion des régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie. 

 

Je suis heureux de voir que je suis aujourd’hui rejoint par un nombre grandissant de collègues car, plus je m’intéresse à cette question, plus je suis convaincu que cette fusion s’impose si l’on veut avoir, demain, des structures administratives et politiques lisibles pour nos concitoyens et cohérentes avec ce qu’ils vivent et ressentent. 

 

La culture et nos traditions imposent, tout d’abord, ce rapprochement entre le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie.

 

En clin d’œil, j’appelais de mes vœux, dès le 3 juin, la création d’une grand région « Ch’ti ».

 

Le « Ch’ti», popularisé par le film « Bienvenue chez les Ch’tis » n’est rien d’autre, en effet, que du « Picard », une langue de la famille des langues d’oïl, parlée dans la France du Nord quand ailleurs on parlait français ou flamand et dont l’un des tous premiers textes : « La Séquence de Sainte-Eulalie» a été écrit à la fin du 9ème siècle dans la région de Saint-Amand. Au Moyen-Âge, le « Picard » va même devenir la grande langue de la littérature du Nord de la France comme le Provençal était celle du Sud.

 

Alors, oui, moi qui ait grandi dans les fermes du Pas-de-Calais, où on parlait picard, je me sens aussi chez moi quand je rencontre et travaille avec mes amis de la Somme et de la Picardie, et, comme moi, ils pourraient dire : « Ravisez-nous bin, nous zotes, on déminde ch’al fusion pour vive insimble ».

 

Au-delà de notre langue, je pourrais aussi vous parler de nos beffrois, classés par l’UNESCO, de nos traditions de la chasse, de la pêche, de l’élevage, des chevaux de trait, qui nous rassemblent tout aussi fortement.

 

Mais j’entends déjà ceux qui vont me dire qu’il ne faut pas vivre dans le passé et que tout cela n’a pas assez de poids pour fusionner deux régions.

 

Je leur répondrai qu’un arbre a besoin de racines nombreuses et profondes pour pouvoir pousser et que c’est sur le passé, la tradition, et la culture que l’on peut construire des institutions durables. 

 

Je leur dirai aussi que cette grande région existe en réalité déjà concrètement et que c’est le découpage administratif actuel qui a en réalité pris du retard.

 

Les acteurs de la mer et de la côte ont ainsi depuis longtemps dépassé les frontières de nos deux régions. Par exemple, le comité régional des marins pêcheurs réunit des professionnels du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie. De même, IFREMER et le Parc Marin des Trois Estuaires, que nous venons de créer, couvrent la Côte d’Opale et la Côte Picarde.

 

Au-delà de l’Histoire, c’est donc aussi la géographie qui nous rassemble et qui a conduit, entre autre, à créer une agence de l’eau Artois-Picardie.

 

Désormais, c’est aussi l’économie qui nous rassemble. L’agriculture et le tourisme que nous avons naturellement en commun, mais pas seulement.

 

J’en veux pour preuve le nombre d’entreprises toujours plus important qui ont choisi comme territoire d’intervention les deux régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie : Colas, AG2R la Mondiale, Pierre & Vacances, COFELY, la Française des Jeux, la Banque LCL, Toshiba, le groupe VINCI … 

 

Les structures professionnelles embrassent également de plus en plus les deux régions. On peut citer pour exemple le Syndicat Régional des Entreprises de Négoce Agricole, l’Association des Industries Ferroviaires ou encore la Fédération de la Récupération, du Recyclage et de la Valorisation Nord-Picardie.

 

Dans le domaine des infrastructures de transport, les dossiers communs aux deux régions sont de plus en plus nombreux : qu’il s’agisse du projet de Canal Seine-Nord-Europe ou encore de l’électrification de la ligne Amiens-Rang-du-Fliers, à tel point, d’ailleurs, que RFF est désormais organisé à l’échelle de nos deux régions. 

 

Et si tout cela ne suffisait pas, on pourrait ajouter les deux pôles de compétitivité, I-Trans et Up-Tex, le CNRS, l’AFNOR, la Chambre Régionale des Comptes et la CARSAT (Caisse d’Assurance Retraites et de la Santé) qui tout naturellement se déploient pour couvrir toute la partie Nord de la France.  

 

Plus important encore, car c’est le meilleur indicateur de l’émergence d’un ensemble régional cohérent, les médias se structurent de plus en plus à l’échelle du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie. A l’image de France 3 et du groupe « La Voix du Nord » qui a racheté le « Courrier Picard » et l’ « Aisne Nouvelle ». 
 
Les acteurs de terrain ont donc largement déjà mis en œuvre ce que nous devons maintenant réaliser à l’occasion de cette réforme. J’entends aujourd’hui dans ma propre région certaines réticences. Si je peux comprendre et partager les critiques quant à la méthode, y compris dans les rangs de la majorité, par contre, je suis stupéfait par l’opposition au fond quant à la fusion de nos deux régions.

 

Comme je viens de le démontrer, et à moins de ne rien connaitre de la réalité de nos deux régions,  on ne peut soutenir, comme Martine Aubry, qu’il s’agirait d’une « aberration économique et sociale ». A moins, bien sûr, de n’avoir, de ce sujet, qu’une vision étroitement politique. 

 

Mais, croit-on vraiment que c’est en s’opposant à la fusion de nos deux régions que l’on va faire reculer le Front National ? Comment peut-on penser que nos concitoyens seront dupes d’une pareille manœuvre ?

 

Bien au contraire, c’est en créant des institutions efficaces dans lesquelles nos concitoyens pourront se reconnaitre que nous pourrons repousser les partis extrêmes. C’est aussi en changeant de politique aux plans national et régional et en apportant des réponses concrètes aux difficultés que rencontrent les Français. Martine Aubry devrait y réfléchir, elle qui a vu une poussée importante du Front National aux dernières élections européennes dans la ville dont elle est maire. 

 

En conclusion, il est important que, sur ce sujet, l’Assemblée Nationale prenne ses responsabilités.

 

Au-delà des calculs partisans, ayons le courage de dire « OUI » à l’Histoire, à la géographie, à l’économie, à l’avenir, « OUI » à une grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. 
 
Daniel Fasquelle
Daniel FASQUELLE : Oui à une grande région Nord - Pas-de-Calais - Picardie !

Publié dans Réforme territoriale

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