J.-F. Copé : "Je veux que nous assumions une politique d'intégration courageuse et exigeante"

Publié le par Fédération UMP du Pas de Calais

Depuis 20 mois, le gouvernement a abandonné la politique d'intégration. A quelques semaines des élections municipales, Jean-Marc Ayrault relance le sujet avec un rapport qui n'a qu'un seul objectif : faire monter le FN et flatter un vote communautaire, au risque de diviser encore les Français. Personne n'est dupe !


Le gouvernement va ainsi présenter sa feuille de route sur la politique d'intégration le 11 février. Le projet dévoilé par les médias s'inscrit dans la droite ligne des 5 rapports commandés par le Gouvernement et que j'avais dénoncés en décembre. Jean-Marc Ayrault a fait semblant de faire marche arrière mais la philosophie générale est toujours la même : c'est la société française qui doit s'adapter aux nouveaux arrivants et non l'inverse. Avec toujours plus de droits ! Sans que soient évoqués les devoirs en contrepartie.

Insidieusement, on sent une mise en accusation de la société française qui serait responsable de l'échec de l'intégration, parce que pas assez ouverte. Il faudrait ainsi faire du « testing » auprès des personnels de santé que le gouvernement semble accuser de refuser des soins aux étrangers. A cette logique de suspicion, je préfère une logique de valorisation. Mettons sur le haut du podium ceux qui ont des parcours exemplaires. Il y en a tant parmi nos concitoyens d'origine étrangère !

A travers ce défi de l'intégration, la question qui se pose est centrale : quelle France voulons-nous ? Est-ce que nous voulons une juxtaposition de communautés qui ne partagent presque rien ou bien voulons nous poursuivre l'aventure de la France, un creuset républicain qui s'enrichit d'apports extérieurs mais qui assume ses racines et son histoire, transmet ses valeurs et son art de vivre ?

Dans cette feuille de route, il n'y a pas une proposition pour lutter contre les dérives intégristes ou les dangers du communautarisme. C'est le grand tabou que le gouvernement feint d'ignorer. Moi, je refuse la désintégration nationale. Je revendique le principe d'assimilation républicaine qui ne nie pas les différences mais qui invite à mettre l'accent sur ce que nous avons en commun. Prenons trois exemples qui montrent les divergences d'approche entre la gauche et l'UMP.

La question de la langue pour les étrangers qui arrivent en France. On voit que des étrangers ont du mal à s'intégrer parce qu'ils ne parlent pas le français, alors que sa maîtrise est la première clé de l'égalité des chances. Quelle solution, selon ce rapport ? Mettre davantage d'interprètes dans les services sociaux pour faciliter leur accès aux droits. En réalité, pour faciliter l'intégration des étrangers, il faut renforcer l'apprentissage du Français ! Aujourd'hui, des cours de Français sont obligatoires en amont d'un regroupement familial, dans le pays d'origine. Mais il y a seulement une obligation d'assiduité sans suivi ni contrôle. C'est tout à fait insuffisant. L'UMP propose qu'il y ait une obligation de résultats. Voilà un moyen de renforcer et de réussir l'intégration.

L'enseignement de l'Histoire. Cette feuille de route insiste sur la nécessité de mieux valoriser les apports de l'immigration dans l'Histoire de France. Bien sûr que cela peut avoir son intérêt. Mais cela ne doit en aucun cas se faire au détriment de notre Histoire, ce roman national magnifique qui va de Clovis à de Gaulle, en passant par Jeanne d'Arc et Henri IV, qui est notre patrimoine commun et que nous devons transmettre à nos enfants. Attention à ne pas renvoyer systématiquement les jeunes Français issus de l'immigration à leur identité d'origine. A les enfermer dans cette identité alors qu'ils sont ou ont vocation à être Français à part entière. En réalité, quelles que soient notre origine, nos convictions, notre identité, nous devons nous approprier toute l'Histoire de France. De ce point de vue, je regrette la tendance à la culpabilisation, à la repentance permanente qui ne facilite pas l'intégration.

Dernier exemple, les aides sociales. Le Gouvernement considère que l'accès aux aides sociales est difficile dans notre pays pour les personnes étrangères ou d'origine étrangère. Il propose ainsi de simplifier l'accès aux aides. Il parle d'une harmonisation des conditions de résidence. Il semble que ce soit pour les réduire à la baisse… Je considère au contraire que nous avons un système social très généreux, très attractif. A mes yeux, les droits sociaux doivent avoir des contreparties. Et pour les droits non-contributifs (comme par exemple les aides au logement), il faut une durée de résidence d'au moins 2 ans sur le territoire national. La logique, c'est qu'on vient en France pour travailler, pour innover, pour participer à la réussite de la France, pas pour toucher des aides…

La feuille de route Ayrault porte en germe l'échec. Nous ne réussirons pas l'assimilation sans exigence ! Comment donner envie d'aimer la France si nous n'assumons pas, avec fierté, notre amour de la France ?

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