Ce qui est ressenti en Bretagne l'est dans toute la France

Publié le par Fédération UMP du Pas de Calais

Interview publié dans Le Figaro le 28 octobre 2013

Le président de l'UMP accuse le gouvernement d'avoir créé une « fissure gigantesque dans le consentement de l'impôt » par les Français, et soumet des propositions de diminution à travers la baisse des dépenses publiques.

LE FIGARO - Que vous inspire la valse-hésitation du gouvernement sur la fiscalité de l'épargne ?

Jean-François COPÉ - Le mot qui revient dans la bouche des Français est celui de confiscation voire de spoliation. D'où provient l'épargne? Principalement du revenu du travail des Français souvent les plus modestes, qui a déjà été taxé par les prélèvements sociaux et au titre des revenus. L'épargne, c'est aussi le moyen pour les Français d'aider leurs enfants et de se protéger des accidents de la vie. Avec son projet, le gouvernement s'attaque à notre modèle de société en frappant salariés et indépendants d'une part, retraités d'autre part. Il n'y a derrière tout cela qu'une vision idéologique, pas une vision économique. L'impôt est perçu comme un moyen de punir, de donner des leçons de morale et c'est insupportable. Je ne comprends pas que le gouvernement persiste à vouloir décourager ceux qui travaillent, ceux qui se donnent du mal.

Êtes-vous satisfait du recul du gouvernement ?

S'il se confirme, ce recul sera du fait de la colère exprimée par les Français, colère que nous avons relayée à l'UMP. Ce sera également une nouvelle preuve de l'incroyable amateurisme du gouvernement dans son projet de loi de finances, après les errements sur la fiscalité des entreprises. Mais je reste extrêmement méfiant car si aujourd'hui le gouvernement nous explique qu'il abandonne son projet, il ne nous dit pas encore comment il va compenser le manque à gagner. En reculant sur la taxation de l'excédent brut d'exploitation, le gouvernement a augmenté l'impôt sur les sociétés. Je ne l'oublie pas.

Pourquoi vous opposez-vous à l'écotaxe que votre majorité avait lancée ?

La majorité précédente avait imaginé ce dispositif pour financer la création d'équipements. Sa mise en œuvre, en période de croissance économique, aurait eu du sens. Mais aujourd'hui, l'écotaxe est vécue comme l'impôt de trop, lancé au mauvais moment. D'autant que personne ne nous garantit que son produit servira au financement d'infrastructures plutôt qu'à de nouvelles embauches dans l'administration. C'est pourquoi je demande le report sine die de son application.

Craignez-vous de nouveaux heurts après ceux qu'a connus la Bretagne ?

Ce qui est ressenti en Bretagne l'est en réalité dans toute la France. Le matraquage fiscal depuis dix-huit mois est tel qu'une fissure gigantesque dans le consentement de l'impôt en France s'est créée. Les hausses de cotisations, de prélèvements d'impôts, qui concernent aussi bien les entreprises, les indépendants que les ménages, suscitent une révolte fiscale. Le gouvernement a choisi de la réprimer avec brutalité au lieu de lever la pression. À l'inverse, je propose un pacte fiscal aux Français. Nous diminuerons les impôts qui touchent l'investissement et l'emploi grâce à une baisse massive de la dépense publique et nous nous engagerons ensuite à stabiliser les règles fiscales. Il n'y a pas d'autre moyen de regagner la confiance des Français.

Entre la convention sur l'immigration, la proposition de loi déjà déposée et les travaux au sein des groupes dont les conclusions sont attendues au printemps, comment l'UMP va-t-elle arrêter sa position ?

Très simplement parce qu'il y a une grande convergence à l'UMP sur les propositions que j'ai faites en faveur d'une nouvelle politique de l'immigration. Avec l'ensemble des responsables du parti, nous préciserons rapidement les mesures que nous voulons voir défendues. À ce titre, la proposition de loi présentée par Guillaume Larrivé constitue une piste remarquable. Notre objectif est de définir ce que cela exige d'être Français. Cela n'a rien à voir avec les a priori idéologiques et excessifs du Front national ou de la gauche bien pensante.

Cela doit passer par une réforme du droit du sol ?

Ne rien faire vis-à-vis des immigrés qui s'installent sur notre territoire sans y être autorisés revient à récompenser l'illégalité par la nationalité. On ne peut pas fermer les yeux sur la situation d'un étranger en situation irrégulière et lui donner des droits sans devoirs. Les Français ne le veulent pas et ce n'est pas de la xénophobie de leur part. Au contraire, les Français veulent - et c'est une priorité absolue - que celui qui immigre en France réussisse son intégration. Et que cela se fasse dans le respect de la loi.

Il y a un an, les militants UMP votaient pour élire leur président, une élection qui a ouvert une crise sans précédent dans votre parti. Quel bilan en tirez-vous ?

En un an, les choses ont beaucoup changé. Cette page de crise est aujourd'hui complètement tournée. Nous avons depuis emporté sept législatives partielles. Nous avons absorbé grâce au soutien des Français la dette liée aux comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Et nous sommes entièrement mobilisés sur le rendez-vous électoral des municipales pour dire stop à François Hollande. Les militants, les sympathisants et l'ensemble des responsables qui m'entourent à l'UMP se consacrent exclusivement à la reconquête.

Comment convaincre les Français quand vous accusez un tel niveau de défiance dans les sondages ?

Bien sûr, je préférerais avoir de meilleurs sondages ! Je demande aux Français de me juger dans la durée. J'ai choisi de mettre mes convictions au service de mon pays. C'est pourquoi je m'efforce de développer des idées nouvelles. J'observe d'ailleurs, si parfois elles dérangent, qu'elles rencontrent souvent la faveur des Français, qu'il s'agisse de mes propositions concernant la lutte contre le communautarisme, la fiscalité ou la croissance. C'est une longue marche mais j'ai confiance dans notre capacité à leur proposer un nouveau pacte présidentiel le moment venu.

 

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